Le Cancer Du Sein : Diagnostic & Facteurs De Risques

Le cancer du sein est le plus fréquent des cancers chez la femme et il est la première cause de décès dus au cancer chez la femme en Europe. On estime qu’une femme européenne sur 9 développera un cancer du sein à un moment donné de sa vie. Cette estimation varie d’un pays à l’autre.

Le cancer du sein survient plus fréquemment chez les femmes de plus de 50 ans, mais un cancer du sein sur quatre est diagnostiqué chez des femmes de moins de 50 ans. Moins de 5 % des cancers du sein sont diagnostiqués chez des femmes de moins de 35 ans.

Dans la plupart des pays occidentaux, le nombre de femmes décédant d’un cancer du sein a constamment diminué au cours des dernières années, en raison de l’amélioration des traitements et du dépistage précoce.

Le cancer du sein peut également survenir chez l’homme mais il est rare et représente moins de 1 % de l’ensemble des cancers du sein. (1)


Le diagnostic du Cancer du Sein

Un cancer du sein peut être suspecté dans différentes situations. Les principales circonstances de diagnostic sont une mammographie de dépistage, une palpation d’une masse dans le sein, une modification de la peau du sein constaté par la patiente ou son médecin ou un écoulement de liquide au niveau de l’un ou des deux mamelons. Le diagnostic de cancer du sein est basé sur plusieurs examens suivants :

  1. Un examen clinique. Celui-ci comprend un examen des seins et des ganglions lymphatiques voisins, par observation et palpation.
  2. Un examen radiologique. Celui-ci comprend la réalisation d’une mammographie (radiographie) et d’une échographie des seins et des ganglions voisins.
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  4. Un examen par IRM des seins peut être requis chez certaines patientes, notamment chez les jeunes femmes qui présentent un tissu mammaire dense, chez les femmes porteuses d’une mutation du gène BRCA et chez les femmes portant des implants mammaires en silicone. L’examen par IRM peut également être envisagé lorsque des cellules tumorales ont été trouvées dans un ganglion lymphatique suspect des aisselles, mais qu'aucune tumeur n'a été détectée dans le sein par mammographie, ou lorsqu’on suspecte la présence de plusieurs tumeurs. Des examens complémentaires, tels qu’une radiographie du thorax, une échographie abdominale et une scintigraphie osseuse, peuvent être réalisés pour exclure la propagation à distance de la maladie, c'est-à-dire des métastases.
  5. Un examen anatomopathologique. C’est l'examen en laboratoire d'un échantillon de la tumeur (prélevé lors d'une biopsie). Cet examen de laboratoire confirmera le diagnostic de cancer du sein et fournira davantage d’informations sur les caractéristiques du cancer. (1)
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La biopsie est effectuée manuellement par le médecin au moyen d’une aiguille, souvent à l’aide d’une échographie pour guider l’aiguille dans la tumeur. Lorsque l’aiguille est introduite dans la tumeur, un échantillon est prélevé. Selon le type d’aiguille utilisée, cette procédure est appelée aspiration à l’aiguille fine ou biopsie au trocart. Un second examen anatomopathologique sera effectué plus tard sur la tumeur et les ganglions lymphatiques retirés chirurgicalement. (2)


Les facteurs de risques du cancer du sein

À l’heure actuelle, les causes de l’apparition d’un cancer du sein ne sont pas claires. Certains facteurs de risque ont néanmoins été identifiés. Un facteur de risque augmente la probabilité d’apparition du cancer, mais n’est ni suffisant ni nécessaire pour le provoquer.

Certaines femmes qui présentent ces facteurs de risque ne développeront jamais de cancer du sein et certaines femmes qui ne présentent aucun de ces facteurs de risque en développeront un.

La majorité des cancers du sein ont besoin d’œstrogènes pour se développer. En l’absence d’œstrogènes, ils cessent de croître ou croissent plus lentement. C’est pourquoi, à quelques exceptions près, les facteurs de risques du cancer du sein sont liés aux œstrogènes.

Les principaux facteurs de risque du cancer du sein chez la femme sont :

Le vieillissement :

Le risque de cancer du sein augmente avec l’âge de la femme.

Les gènes :

Les mutations de certains gènes, hérités de la mère ou du père, augmentent le risque de cancer du sein. Les connaissances actuelles suggèrent que ces gènes anormaux sont responsables de moins de 10 % des cancers du sein.

Les antécédents familiaux de cancer du sein :

Le fait d’avoir un parent au premier degré (mère, sœur, fille, frère et père) qui a eu un cancer du sein augmente le risque de développer soi-même un cancer du sein, en particulier si cette personne était âgée de moins de 45 ans au moment du diagnostic. Lorsque plusieurs membres de la famille ont eu un cancer du sein et/ou de l’ovaire à un jeune âge, une prédisposition génétique doit être suspectée. Les 2 principaux gènes impliqués dans les formes congénitales du cancer du cancer sont BRCA1 et BRCA2. (1)

L’ablation préventive des seins par chirurgie peut être discuter pour limiter ce risque. Un diagnostic génétique précis, par une consultation spécialisée dite oncogénétique et un soutien psychologique adapté sont indispensables avant d'entreprendre une telle chirurgie.

Les antécédents personnels de cancer du sein :

Le fait d’avoir eu soi-même un cancer du sein augmente le risque de développer un nouveau cancer du sein dans une région différente du sein ou dans l’autre sein.

L’exposition aux œstrogènes et à la progestérone durant la vie :

  • Les femmes dont les cycles menstruels ont débuté avant l’âge de 12 ans et ont cessé après l’âge de 55 ans ont un risque plus élevé de développer un cancer du sein.
  • Les femmes qui n’ont pas eu d’enfant ou qui ont eu leur premier enfant après l’âge de 30 ans ont un risque plus élevé de développer un cancer du sein.

Les antécédents de certaines affections bénignes du sein :

Le risque de développer un cancer du sein est particulièrement élevé chez les femmes atteintes de deux affections appelées l’hyperplasie lobulaire atypique et l’hyperplasie canalaire atypique.

Les facteurs géographiques et sociaux :

Les femmes qui vivent dans les pays occidentaux et d’un niveau socio-économique plus élevé ont un risque plus élevé de développer un cancer du sein.

L’utilisation de médicaments contenant des œstrogènes et de la progestérone :

  • L’utilisation de certaines contraceptions, en particulier avant la première grossesse, augmente le risque de cancer du sein. Si une femme ne prend plus de pilule contraceptive depuis 10 ans, il n’y a plus de risques particuliers.
  • L’utilisation d’un traitement hormonal de substitution après la ménopause augmente le risque de cancer du sein. Un traitement hormonal de substitution combinant des œstrogènes et de la progestérone et, dans une moindre mesure, un traitement hormonal de substitution à base d’œstrogènes seuls augmente le risque de cancer du sein. Cette augmentation du risque de cancer du sein vaut pour les utilisatrices actuelles ou récentes. Pour les utilisatrices qui ont arrêté le traitement hormonal de substitution depuis plus de 5 ans, le risque n’est pas plus élevé que pour une personne n’ayant jamais reçu de traitement hormonal de substitution.

La radiothérapie du sein pendant l’enfance ou l’adolescence :

Le fait d’avoir subi une radiothérapie pendant l’enfance ou l’adolescence (généralement pour le traitement de lymphomes) augmente le risque de cancer du sein à l’âge adulte.

Le surpoids et l’obésité :

Le surpoids ou l’obésité augmentent le risque de cancer du sein, particulièrement après la ménopause. Ceci résulte probablement de la production d’œstrogènes dans les tissus graisseux qui constituent la principale source d’œstrogènes après la ménopause.

La consommation d'alcool et le tabagisme :

Le risque de cancer du sein augmente avec la consommation d’alcool et le tabagisme, mais les mécanismes par lesquels ils augmentent ce risque ne sont pas clairs.

D’autres facteurs pourraient être associés à un risque plus élevé de cancer du sein, mais les preuves sont insuffisantes. Malheureusement, les facteurs qui ont la plus forte influence sur le risque de cancer du sein, tels que l’âge, les gènes, les antécédents familiaux et personnels de cancer du sein et les antécédents d’hyperplasie atypique, ne peuvent être modifiés.


A propos du cancer du sein :

  • Un cancer du sein ne se développe pas en quelques jours ou semaines ! Il est toujours temps de demander un deuxième avis pour connaître les options de traitement.
  • La concertation pluridisciplinaire précédant l’initiation du traitement est très importante et ne doit pas être sous-estimée. Le médecin traitant et le médecin généraliste doivent recevoir un rapport écrit de cette concertation.
  • L’importance de l’examen anatomopathologique de la tumeur est souvent sous-estimée. Toute la stratégie du traitement repose sur un examen anatomopathologique bien standardisé et soigneusement effectué au sein d’un laboratoire expérimenté ! Il peut s’avérer utile de demander un second examen anatomopathologique indépendant si l’analyse a été réalisée dans un laboratoire disposant d’une expérience limitée dans le domaine du diagnostic du cancer du sein.
  • L’accès à de nouveaux agents ou stratégies dans le cadre d’essais cliniques bien conçus et soigneusement menés s’accompagne de plus de bénéfices que de risques à tous les stades de la maladie. Les patientes devraient demander à leurs médecins quels essais cliniques sont pertinents dans leur cas.
  • Il est possible de mener une grossesse à terme après un cancer du sein, en particulier si les ovaires n’ont pas été endommagés par l’utilisation de certaines chimiothérapies toxiques pour ces organes. Ce sujet doit être abordé d’avance par les jeunes femmes qui désirent préserver leur fertilité ! Pour les femmes qui tombent enceintes après la fin de leur traitement contre le cancer du sein, ni la grossesse, ni l’allaitement n’augmentent la probabilité de récidive. (1)

(1) Dossier “Cancer du Sein”, site anticancerfund.org de l’association Fond Anticancer, accédé en septembre 2017.

(2) Site internet La ligue contre le cancer. http://www.ligue-cancer.net/localisation/sein/. Accédé en Septembre 2017.