Adeline

Diagnostiquée en 2015

Adeline a 36 ans et vit près de Besançon avec sa fille et son nouveau conjoint. Porteuse de la mutation du gène BRCA2, elle apprend en 2015 qu’elle est atteinte d’un cancer du sein métastatique. Avant la maladie, elle était assistante de direction. Aujourd’hui en rémission, elle nous raconte comment elle a vécu son combat et comment cette épreuve lui a fait changer sa façon de voir la vie.

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Diagnostic

Le diagnostic a été posé en septembre 2015 par le plus pur des hasards. C’était pendant une séance de rééducation du périnée. J’avais une douleur qui était quand même assez importante au niveau du sein gauche. J’en ai parlé ce jour-là à ma sage-femme, qui a tout de suite senti qu’il y avait quelque chose qui clochait et qui a prescrit une échographie et une mammographie deux heures après. Le lendemain il y a eu une biopsie mammaire, un PET Scan, puis une scintigraphie osseuse. Plein d’examens qui ont permis de découvrir que j’avais un cancer du sein métastatique au niveau osseux de stade 4 et que mon pronostic vital était de 6 mois.

La relation avec la famille et les amis

L’annonce d’une maladie, ça peut faire des dégâts. Ça peut rapprocher des personnes mais ça peut aussi en éloigner plusieurs. Il y a eu ma puce Lina qui a toujours été là pour moi, c’est elle qui m’a sauvée. Et puis il y a eu également mes parents et ma soeur qui ont quand même été très présents puisqu’ils m’ont hébergée chez eux pendant 9 mois et ils m’ont emmenée à tous les examens, toutes les chimio. Mon papa m’a accompagnée tous les mercredis en chimio. Donc je me suis vraiment rapprochée de ma famille et j’ai retrouvé une petite poignée d’amis aussi.

La gestion de la maladie et la démarche préventive vis-à-vis de la maladie

Finalement je n’ai pas eu le temps de me poser de questions. Je me suis rendue à mes examens comme on se rend au baccalauréat. Malgré le diagnostic, j’étais confiante mais je n’ai pas eu le temps de réfléchir. Je ne me suis pas vue mourir, je n’ai pas eu le temps de réfléchir, je me suis dit « tu vas faire ce qu’il faut pour ta puce qui a 3 mois ».

Le combat s’est passé de façon plutôt positive. La première ligne de chimiothérapie a duré 6 mois. Elle a été assez conséquente puisque j’ai souffert d’alopécie, d’aphtes, d’éruptions cutanées, d’eczéma, donc c’était vraiment difficile.

Il y a eu également une opération du foie qui s’appelle la lobectomie. Ils m’ont enlevé le lobe gauche du foie. Et pour terminer, ils m’ont enlevé les deux seins. Je me retrouve avec deux prothèses donc je suis comme Pamela Anderson, je suis siliconée maintenant !

Malgré un pronostic vital engagé, tous les traitements dont la chimiothérapie et toutes les opérations ont fait leur effet puisqu’aujourd’hui je suis en rémission.

Santé et alimentation

J’ai grandement limité le sucre. Ça me fait du bien. Niveau sport, j’étais déjà très fan. Mais je le faisais pour la silhouette et non par plaisir. Maintenant je le fais par plaisir et pour connecter mon corps et mon esprit. Je cours moins qu’avant et il y a des activités comme le badminton et le VTT que je ne peux plus trop faire car je suis fatiguée. Je me suis davantage orientée vers le yoga, le Pilates et le sport bien-être. Encore une fois, j’écoute mon corps et je m’adapte.

Vie professionnelle et finances

Avant d’être malade, j’étais assistante de direction. La maladie m’a justement permise de revoir mes priorités professionnelles et de prévoir un reclassement professionnel. Aujourd’hui j’ai envie de poursuivre l’écriture mais également de m’orienter vers le coaching en psychologie positive parce que l’expérience que j’ai traversée va permettre d’aider d’autres personnes. Et je ne parle pas que des personnes malades. Il n’y a pas que les personnes souffrant d’un cancer du sein qui ont envie de changer d’horizon.

Niveau financier, heureusement qu’il existe des aides et j’avais une super assistante sociale. Tout a été pris en charge, y compris la reconstruction mammaire.

L’art thérapie

Je ne peux pas dire que mon combat a été facile, ça a été les montagnes russes et la fatigue est omniprésente, mais grâce à la médecine alternative et à plusieurs méthodes de relaxation, de méditation, d’autohypnose et à la foi aussi, cela m’a permis d’être là aujourd’hui.

Je me suis ouverte à la spiritualité alors que je n’étais pas croyante avant.

Ce qui est également très important et que je conseille à tous les patients, c’est de s’ouvrir à la créativité. L’art thérapie, c’est un nouveau médicament gratuit et sans ordonnance.

Mon exutoire à moi, ça a été l’écriture. Et justement j’ai écrit des choses qui font du bien au moral. Donc ça m’a servi à moi, c’était mon médicament l’écriture, mais ça a également permis à mes lecteurs de relativiser sur la vie et d’avancer sur le bon chemin.

Mon dernier ouvrage, « Le journal d’une amazone » est un journal intime qui retrace mon parcours, toujours sur le ton de l’humour.

Mais chacun peut trouver sa méthode. Ça peut passer par plusieurs choses comme la musique, le chant, la peinture ou les activités physiques zen. Je fais du yoga et du Pilates par exemple. Et puis à côté de ça, ce qui est très important, c’est la connexion à la nature : c’est bien d’aller faire des randonnées ou même des marches, de courir dans la nature, de s’oxygéner le corps et l’esprit. L’important c’est de gérer ses émotions, de gérer son stress. Quand on n’a plus de doutes, quand on n’a plus de peurs, on est libre et la liberté c’est le premier pas vers la guérison. La médiation sert à canaliser par exemple.

Et quand le corps est détendu, l’esprit suit.

Et demain ?

La maladie m’a permis de vivre dans l’instant présent et de savourer la vie sous toutes ses couleurs. Je me vois épanouie et plus femme que jamais. J’ai trouvé cette confiance en moi qui n’avait jamais été là en fait. Donc la maladie m’a ouverte au monde spirituelle, professionnel, amical. Je me suis rapprochée de certaines personnes.

Demain je me vois plus forte que jamais et vivre de mes rêves parce que j’ai compris que la vie était un éternel recommencement et que demain pouvait ne pas exister.

Donc maintenant je profite de chaque instant et je vis mes rêves. Mon premier rêve c’est de voir ma fille grandir, mon deuxième rêve c’est de vivre de ma plume et mon prochain rêve c’est d’aider les personnes grâce au coaching. Aux personnes qui sont en train de traverser l’épreuve que j’ai traversée, j’ai envie donner une citation que je mets dans mes livres : « souris à la vie. Elle ne te sourit que si tu lui souris d’abord ». Vivez la maladie comme si c’était une aventure, une étape.

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