Elisabeth

Diagnostiquée en 2016

Elisabeth a 52 ans et vit près d’Aubagne, dans les Bouches-du-Rhône, avec son mari et ses enfants. Elle est porteuse de la mutation des gènes BRCA 1 et 2, responsables du développement de cellules cancéreuses. Lorsqu’on lui a diagnostiqué un cancer de l’ovaire, elle était AVS, auxiliaire de vie scolaire. Aujourd’hui en rémission, elle nous raconte son combat contre la maladie et comment la sophrologie l’a aidée à s’apaiser.

Diagnostic d’Elisabeth

Lors d’une visite chez le médecin où j’accompagnais mon fils, j’en ai profité pour parler d’une douleur pulmonaire. Il m’a fait passer une radiographie des poumons ainsi qu’une échographie abdomino-pelvienne pour voir ce qu’il en était. Suite aux différents examens, il s’est avéré que c’était un cancer de l’ovaire. Tout s’est ensuite rapidement mis en place et j’ai commencé la chimiothérapie peu de temps après.

Au moment de l’annonce, personnellement, ça a été une panique totale. Tout s’écroule, on ne voit pas plus loin que le jour qui vient. Il faut aller très vite et le but c’est d’aller plus vite que la maladie.

FAMILLE & AMIS

Tout s’est mis en place de manière très facile, très logique, tout le monde autour de moi savait ce qu’il y avait à faire. Je n’ai voulu épargner personne, c’est-à-dire que je me plaçais au centre : « voilà j’ai un cancer, peu importe ce qui se passe autour ». La terre s’est écroulée sous mes pieds, donc j’ai été très égoïste à ce moment-là. Et je pense que les dommages collatéraux ont été réels. Mes enfants, je ne sais pas s’ils en ont souffert car on n’en a jamais discuté en fait… Mes deux garçons ont tous les deux géré la maladie à leur façon. Le plus petit ne comprenait pas pourquoi je ne faisais que pleurer. Le plus grand s’est un peu réfugié dans un monde à lui et on n’en a pas trop discuté.

Avec ma mère, c’était assez particulier car elle est déjà passée par un cancer du sein donc on s’est beaucoup rapprochées. Elle était la seule à comprendre ce que je traversais… et je ne l’ai pas épargnée. Elle souffrait en même temps que moi. C’est fou quand même les relations mère-fille, à quel point ça peut être fort.

Mon mari quant à lui, savait ce qu’il avait à faire, il a tout pris en charge. Il a pris en charge mes enfants, j’en avais suffisamment à gérer. Et tout le reste, c’était à lui de le faire. Il s’est occupé de tous les aspects administratifs, médicaux et de tout ce qu’il y avait autour de la maladie. C’était un vrai combattant, il faisait d’ailleurs souvent le Haka, comme les joueurs de rugby néo-zélandais !

GESTION DE LA MALADIE

Ma mère a eu un cancer du sein il y a 15 ans et l’oncologue lui avait recommandé que je fasse des mammographies. La soeur de ma mère a aussi eu un cancer du sein. Mais il n’y a aucune piste qui a été ouverte vers la recherche génétique. Peut-être que si j’avais fait ce qu’il fallait au niveau prévention, avec la recherche génétique, je ne serais pas arrivée au stade 3C. Ça, je le regrette un peu, c’est dommage. Je sais qu’il faudra faire une recherche plus tard pour mes garçons et si j’avais eu une fille, il aurait fallu le faire aussi.

Ensuite concernant les traitements que j’ai suivis, je me suis sentie en confiance dans mon centre de soins. C’est très important comme sensation. Le protocole était bien en place. J’ai eu des cures de chimio qui ont bien fonctionné donc on a ensuite pu m’opérer. C’était une laparotomie et on m’a enlevé utérus, ovaires et toute la partie péritoine qui était endommagée. L’efficacité a été là : plus de résidus au niveau de la maladie et on a pu m’annoncer enfin que je pouvais me considérer en rémission. J’ai pris les devants constamment, ce n’était pas les chimios qui allaient me faire tomber les cheveux, c’est moi qui allais les raser avant.

SANTÉ & ALIMENTATION

Je ne pense pas avoir une mauvaise hygiène de vie en temps normal mais en tous cas, pendant la maladie, il n’y a pas eu d’excès. Tout ce qui est sucreries, douceurs, gâteaux, à la maison, il n’y en a pas. Pour ce qui est du sport, j’aurais bien aimé commencer une activité sportive mais comme il y a eu une large cicatrice suite à mon opération, ça n’a pas été possible. Mon mari m’avait acheté un tapis de marche mais je ne m’en suis jamais servi car je n’en avais pas du tout la force en fait, ni psychologique, ni physique. Je commence tout juste à m’en servir là et j’en suis ravie.

La première angoisse que j’ai eue, et c’est ce qui a aussi déclenché le fait d’avoir envie de trouver quelque chose qui puisse m’aider à avancer, c’était cette angoisse de la mort.

Et il fallait impérativement que je m’en défasse, pour mieux affronter les traitements et pour mieux affronter la maladie. Dès les premières séances de sophrologie, je me suis retrouvée et j’ai pu m’apaiser, me calmer et affronter les traitements de manière beaucoup plus calme.

VIE PROFESSIONNELLE & FINANCES

Au moment où l’on m’a diagnostiqué le cancer de l’ovaire, j’étais AVS, Auxiliaire de Vie Scolaire. Mon contrat arrivait à terme et je n’ai donc pas repris mon activité. Mais cela n’a pas changé nos habitudes. La vie a continué.

Mon mari travaille, il n’est pas là du lundi au jeudi soir. Excepté le fait qu’il rentre un jour plus tôt, on a poursuivi notre vie. Les liens dans notre famille étaient déjà soudés mais la maladie les a renforcés.

ET DEMAIN ?

Avant la maladie, on avait le projet de refaire toute la maison. Bon, sur le coup, on n’a pas pu parce qu’il y avait les traitements. Mais dès qu’ils ont été terminés, on est allés de l’avant et on a fait les travaux.

On dit que le cancer change la façon de voir les choses mais moi, personnellement, ça ne m’a pas changée plus que ça. Je suis un peu moins impulsive, un peu plus sage, mais sinon la vie continue. Je me sens guérie mais parfois j’ai peur, je me dis que je peux rechuter à n’importe quel moment. Ça fait partie des choses de la vie. On se sent peut-être tellement bien, tellement heureux d’être là qu’on en oublie tout ce qu’il y a eu.

Au début de ma maladie, je ne pensais pas que trois ans après je serais là pour témoigner. Et au bout de trois ans, je suis là pour témoigner. Peu importe ce que sera demain, l’essentiel c’est que je puisse donner aujourd’hui de l’espoir à celles qui sont en traitement ou qui sortent de traitement ou à qui on vient à peine de diagnostiquer le cancer… ou la maladie, parce que le cancer, je n’aime pas le mot.

Retour en haut