Sandra

Victime d’un AVC au début de l’année 2018, Sandra a été diagnostiquée d’un cancer du poumon en avril 2018

Sandra a 42 ans et vit à Colombes dans les Hauts-de-Seine. Victime d’un AVC au début de l’année 2018, Sandra a été diagnostiquée par la suite, en avril 2018, d’un cancer du poumon. Elle le surnomme « bébé dragon ».

Le Diagnostic de Sandra

À la suite de mon AVC survenu au début de l’année 2018, on m’a diagnostiqué mon cancer du poumon, officiellement le 16 Avril 2018. À l’annonce, je m’y attendais, je savais et en même temps, j’ai cru recevoir un mur en plein visage, un tsunami, j’ai eu peur de mourir !

À la suite de cela, je n’ai plus eu peur du tout ! Je n’ai plus eu peur parce que j’ai confiance en la médecine et j’ai confiance en moi. Nous sommes ensemble, nous formons une équipe ! Nous essayons tous de trouver des solutions pour éradiquer ce « bébé dragon ».

« Bébé dragon » parce que tumeur, cancer ou encore crabe ce n’est pas joli, je trouve cela péjoratif. « Bébé dragon » ça m’est venu comme ça ! Comme je lis beaucoup, ça m’a rappelé un roman de science-fiction où les personnages étaient à la recherche d’un oeuf de dragon et finalement cet oeuf, c’est moi qui l’ai.

Famille & Amis

J’ai autorisé ma famille, principalement ma mère, à participer à tous les entretiens avec les médecins. Je lui ai demandé de ne pas poser de questions en premier parce que j’estime que comme c’est moi qui porte la maladie, ce n’est qu’une fois que j’ai posé toutes mes questions qu’elle peut intervenir et poser les siennes.

Pour le reste de ma famille ou de mes amis, j’essaie de leur répondre mais parfois je n’ai pas les réponses concernant l’avenir donc je leur dis simplement que je ne sais pas.

Revoir mes proches me fait du bien sachant que nous ne passons pas notre temps à parler de mon cancer. On aborde un peu le sujet mais très rapidement ; si on me pose trop de questions sur le cancer, je recadre la conversation en disant que c’est comme ça, qu’il faut faire avec.

Je revois des amis que je n’avais pas vu depuis très longtemps, j’avais un peu aussi délaissé mes proches à cause de mon travail. J’ai compris que la vie était précieuse et que les gens qui m’aiment sont précieux, je veux rester auprès d’eux.

Gestion de la maladie

Je reçois de l’immunothérapie à raison d’une injection toutes les trois semaines et la tumeur réagit bien puisqu’elle est en train de diminuer.

J’essaie de ne plus avoir trop de routine quotidienne et d’écouter mon corps au maximum, c’est-à-dire de dormir quand j’en ai besoin, de faire la sieste, de ne plus sauter un repas, de lire, de faire des choses qui me plaisent vraiment et réellement.

Je n’ai pas eu de mal à en parler parce que je fumais. Je l’assume parfaitement bien, il est en moi de toute façon. J’ai arrêté de fumer dès lors que j’ai fait mon AVC.

Santé & Alimentation

Je pense que quelque part j’ai accumulé les risques. Je fumais deux paquets de cigarettes par jour depuis trente ans. Ça a été très facile d’arrêter de fumer, bien plus facile que ce que je pensais. Depuis le jour de mon AVC, le 24 mars, je n’ai pas touché une cigarette et je n’en ai plus envie, au contraire. Je remercie même mon AVC de m’avoir fait arrêter de fumer, il était temps !

Comme je ne travaille pas, je me suis remise à avoir un rythme plus normal. En ce moment, je suis dans la phase où je fais beaucoup la sieste quand même.

Mon hygiène de vie a vraiment changé. J’avais mis de côté beaucoup de choses, notamment le petit déjeuner, maintenant j’y accorde un soin tout particulier. Je fais beaucoup la sieste, je vais me remettre au sport aussi, là j’essaie mais j’ai un petit peu de mal pour l’instant.

Je revis tout à fait comme avant, je me laisse happer par la vie, je pense que ce cancer m’a sauvé la vie. Il va me sauver la vie.

Je mange beaucoup plus de fruits et de légumes tous les jours, j’essaie le jus vert le matin après je me fais des petites mixtures à moi. Je mange beaucoup d’amandes, de noisettes. J’élimine un peu tout ce qui est lait de vache, la viande rouge aussi j’en mange beaucoup moins et je privilégie le poisson. Mon alimentation est beaucoup plus saine de manière générale. Je prépare tout moi-même et aussi j’évite le micro-ondes.

Vie professionnelle & Finances

C’est très difficile parce que j’ai vécu une grosse dégringolade de revenus. Mes revenus ont diminué de moitié. J’attends de voir pour recevoir une aide au logement mais je n’ai pas de compléments car je n’ai pas l’ancienneté requise sur ma mutuelle. Je n’ai aucun complément mis à part la sécurité sociale. Mes revenus ne couvrent même pas le montant de mes charges fixes mensuelles et j’ai un loyer très cher alors qu’avant je m’en sortais aisément, forcément avec mon salaire normal.

J’étais assistante de direction dans plein de secteurs différents, le tourisme, la promotion immobilière etc. Je ne travaille plus aujourd’hui, depuis le mois de mars, je pense reprendre un mi-temps thérapeutique à compter de septembre.

Au début, ma pneumologue me disait non pour le mi-temps thérapeutique. Nous en avons reparlé depuis et maintenant elle est d’accord, même dès aujourd’hui si je le souhaite. Je vais laisser passer l’été quand même, j’ai décidé de m’occuper un petit peu de moi deux mois d’affilés.

C’est les vacances, je vais me reposer ou partir un petit peu au bord de la mer, je ne sais pas encore. Je n’ai plus de plan de vie comme je pouvais avoir avant, je laisse un peu couler les événements.

Et demain ?

Mon projet d’avenir, c’est de vivre et de ne plus perdre de temps avec des choses futiles et inutiles. J’étais déjà convaincue de ça avant mais là, maintenant, beaucoup de problèmes me glissent dessus. Ce ne sont d’ailleurs pas des problèmes en fait, je m’en rends compte aujourd’hui. Le jour de l’annonce j’ai compris qu’il y avait un vrai problème, l’annonce du cancer est digérée maintenant.

L’avenir c’est vivre avec ce « bébé dragon ». Mon défi est la rémission totale, pas tout de suite dans les trois mois, mais je sais que je l’aurais, je l’espère parce que je fais tout pour.

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