Alexia

Fille de Liz, diagnostiquée en 2015

Alexia a 23 ans lorsque le chirurgien détecte chez sa mère, Liz, un cancer du poumon. Octobre 2016 signe la fin d’une longue période de traitement. Alexia, l’aînée de ses deux filles, nous livre son témoignage.

SA REACTION AU DIAGNOSTIC DE LIZ, SA MAMAN

J’ai tout de suite eu une réaction assez violente… On est en colère. On se demande « pourquoi nous ?» Le mot « cancer » est assez dur. On ne comprend pas ce qu’il se passe, on ne sait pas où l’on va et ce qu’est réellement cette maladie. On sait que le cancer du poumon tue certaines personnes, donc on s’attend toujours au pire… Lorsque la pression redescend, on en discute. On échange avec les médecins sur les traitements. On sait que cela ne va pas être simple, mais que l’on va faire en sorte que ça aille.

FAMILLE & AMIS

Aux premiers abords, j’étais plutôt renfermée. Je pense que tant que l’on n’a pas toutes les réponses à nos questions, on ne peut pas s’exprimer. On n’a pas le droit aux mensonges, ni de se tromper sur ce genre de questions.

On se pose des questions… Honnêtement, on se dit qu’on doit être là, que l’on a envie d’y être, mais c’est vrai qu’on ne sait pas sur le moment si on l’est réellement. On ne se rend compte qu’après coup qu’on l’a été… De voir ma mère entourée comme ça a été le cas, je suis sûre que ça l’a aidée dans les moments difficiles de la chimio.

Avec le recul, je n’ai plus de mal à en parler, cela fait partie de nous, c’est quelque chose que l’on a vécu et qui change complètement une personne.

Je pense qu’il faut rester positif, d’où l’importance d’être entouré.

GESTION DE LA MALADIE

C’est très dur… on ne s’attend pas à ce que ce soit si dur au départ. Je pense que les médecins ne savent pas non plus comment la personne va réagir, car chaque personne et chaque maladie est différente. En même temps, on n’a pas le choix. On est là, on vit la chose et on doit rester très positif et être présent au mieux pour la personne… en attendant que cela passe. On ne peut pas se préparer. Je pense qu’il faut laisser les choses venir et agir en conséquence tout simplement.

Il faut savoir que mon grand-père avait un cancer du poumon en même temps que ma mère et qu’on voyait le cancer gagner du terrain. On avait donc une image plutôt néfaste de la maladie. À partir de là, j’ai vraiment essayé de comprendre la maladie selon les différents cas. J’ai compris qu’il n’y a pas qu’« un seul cancer du poumon » : il y a différentes tailles, phases et énormément de critères qui entrent en jeu.

Pour rester forte j’ai pris du temps pour moi. J’en ai profité pour sortir, pour voir des amis quand je le pouvais et petit à petit, j’ai commencé à en parler. D’abord avec des amis proches, mais aussi avec des amis qui avaient vécu cette même maladie. Cela fait vraiment du bien de pouvoir parler et évacuer toute cette pression, afin d’être positif et ne pas craquer devant la personne malade.

SANTE & ALIMENTATION

J’ai en souvenir ce moment où je mettais mon parfum, qui la faisait vomir à chaque fois ! Du coup, je sortais et je me parfumais dehors avant de partir ; ça peut paraître idiot, mais ce sont des petites choses du quotidien auxquelles on ne pense pas, une habitude à modifier, pour faire en sorte qu’elle se sente mieux. On veut faire plus, mais au final, ce sont les seules choses que l’on peut faire et qui fonctionnent.

Pour elle c’est très difficile, mais pour nous, ça l’est tout autant de vivre des moments comme ça.

ET DEMAIN ?

On en parle très peu en famille, car j’ai envie de laisser cette période derrière moi. Aujourd’hui tout va bien, ma mère est en rémission complète de son cancer et ce n’est pas quelque chose qui m’aide de ressasser ces souvenirs. Quand le sujet se présente, je n’ai pas de soucis à l’aborder, je vais écouter, mais je ne vais pas forcément y participer.

Cet événement m’a énormément fait mûrir et m’a permis de voir la vie différemment. C’est une épreuve difficile qui nous renforce finalement. On se remet en question d’une certaine façon : je me suis remise au sport et je fais attention à ce que je mange, mais je n’ai pas non plus envie d’en faire une psychose et de manger, penser, dormir cancer… Ça n’aide pas non plus !